Religion Monde
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BOEHMISTES ET SWEDENBORGIENS

Nom complet :


Genre :
Période de fondation :
Nombre d'adeptes :

 diverses sectes les frères de la Croix d'or,
 les frères de la Croix rose, le Royaume
 triomphant, l'Universelle Aurore
 mystico-religieux
 XVIIe et XVIIIe siècles
 imprécis

Nous avons associé ces deux mystiques exceptionnels car leurs conceptions et leurs prophéties présentent par certains côtés de nombreuses ressemblances. Jakcob Boehme est né à Görlitz en 1575. Agriculteur et cordonnier, il ne tarda pas à se révéler comme un esprit hors du commun et homme d'une grande érudition en dépit de ses humbles origines. En 1612, animé de visions mystiques, il écrivit son premier livre. L'Aurore à son lever, et, en 1624, trois traités contre les luthériens Der Weg zu Christo (« Le Chemin menant au Christ »). Son oeuvre très prolifique ne sera publiée qu'après sa mort, à la fin du XVIIIe siècle. Sa philosophie était basée sur une mystique qui, de par son inspiration cabalistique, ne pouvait se définir comme chrétienne.
Boehme était convaincu que le bien s'identifiait au concept de liberté et que le mal et les concept complexes de compromission, aliénation, fuite du réel ne faisaient qu'un. Redevenir une particule du divin équivalait dans la vision qu'il avait du monde à devenir ce qu'on était en réalité. Il projetait de réunir en un système le concept double de succession cyclique et de renouveau éternet en respectant un rythme naturel qui se référait à l'arbre des cabalistes.
Emmanuel Swedenborg, né à Stockholm à la fin du XVIIe siècle, était, quant à lui, fils d'un évêque luthérien. Après avoir étudié et enseigné dans diverses universités d'Europe, il fut brusquement pris en 1743 de visions mystiques et abandonna ses occupations pour écrire : Arcanes célestes, Le Ciel et l'Enfer, La nouvelle Jérusalem, La Révélation de l'Apocalypse. La mystique de Swedenborg implique trois niveaux distincs : le ciel ou le monde des archétypes, l'enfer ou le monde de la matière, et le monde des esprits. « L'homme, écrivait-il possède deux capacités. Deux actions, deux langages, deux amours se livrent un combat sans répis à l'intérieur de lui. Mais l'homme naturel est imparfait et faux car il est double, alors que l'homme spirituel est nécessairement sincère et authentique car il est simple et régulier. L'esprit a exalté et attiré le naturel en lui : extérieur et intérieur ne font qu'un. » Aucun rituel swedenborgien à proprement parler ne semble avoir existé, même si, en 1783, le marquis de Thome affirma en avoir découvert les traces. Les documents retrouvés tendraient à prouver qu'il y avait plusieurs grades d'initiation : novice, compagnon, maître théosophique, illuminé, frère bleu, frère rouge. Plusieurs sectes semblent être issues de l'école swedenborgienne. La plus importante, la Nouvelle Eglise, fut fondée en 1787 par Robert Hindmarsch ; elle existe encore à l'heure actuelle en Suède, en Tchécoslovaquie, en Suisse, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis. On suppose que l'école swedenborgienne a également engendré d'autres sectes comme celle des Illuminés d'Avignon dont les adeptes se consacraient à l'étude de l'astrologie et de l'alchimie, celle des Théosophes illuminés fondée à Paris et l'Academy of the sublime masters of the luminous ring créée en 1770 à Londres par l'abbé Penetti. D'autres sociétés initiatiques ont sans aucun doute subi des influences boehmistes : les frères de la Croix d'or, les frères de la Croix rose de Breslau, le Royaume Triomphant fondé à Lyon et l'Universelle Aurore née à Paris en 1783.