Religion Monde
                                                                                                                                                                                                            Sectes & Religions

 

GROUPES DU LIBRE AMOUR

Nom complet :


Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :


Nombre d'adeptes :

 diverses sectes : les agapémonites, les perfectionnistes,
 la Maison des poètes, Sympneumata, New York Sacred
 Tantriks, G.B.C.
 ésotérique-magique
 XIXe siècle
 un être supérieur, mais leur objectif premier est de 
 libérer l'homme de ses sentiments  de culpabilité et
 de fausse pudeur
 quelques milliers en tout

Cette appellation regroupe tous les courants mystico-religieux prônant l'amour libre qui prennent le contre-pied de la morale chrétienne, sévère en matière de sexualité. Ce refus d'admettre la sexualité connaîtra d'ailleurs son paroxysme dans l'Angleterre puritaine du XIXe siècle et provoquera, par réaction, une éclosion de sectes bizarres aux cultes hétérodoxes enclins à effacer le sentiment de culpabilité vis à vis de la sexualité, nourri par la religion officielle. Les rituels mystiques et mysticisants de ces diverses confréries visaient à cacher leur véritable objectif : jouir en toute liberté des tentations physiques et satisfaire l'appétit sexuel inhérent à l'homme, sans frein et sans remords. A l'opposé, surgirent des groupes luttant pour la défense de la chasteté.
Il est pratiquement impossible de décrire tous ces groupes de façon exhaustive. Parmi ceux qui se réclament de l'amour libre, nous nous bornerons à passer en revue les plus éclectiques. Une pécision s'impose : de nos jours, dans la mesure où les religions établies ont un comportement différent à l'égard de la sexualité, ces cultes ont pratiquement disparu.

Les Agapémonites
Cette secte tire son nom de grec agapê qui signifie amour (au sens spirituel du terme). Elle fut fondée en Angleterre vers 1840 par le révérend Henry James Prince. Ce pasteur avait débuté sa carrière religieuse au sein de l'Eglise anglicane où il passait pour un habile prédicateur. Son comportement assez peu orthodoxe aboutit à sa mise à l'écart du ministère ecclésiastique. Nullement découragé, Prince fit ériger une chapelle privée dans les environs de Brighton, où il continua à prêcher pour les gens de la haute société. Prince se croyait immortel et élu de Dieu, et donc incapable de pécher. Il était en outre persuadé que son immortalité d'étendait également à ses successeurs qui pouvaient, dès lors, jouir des plaisirs sexuels sans crainte de commettre de péché.
Fort d'un cortège de disciples qui lui apportaient un soutien financier, Prince fit l'acquisiton d'une propriété de deux cents acres dans le Somerset qu'il baptisa Abbaye de l'amour. Une soixantaine d'adeptes l'y suivirent, et les femmes qu'ils emmenèrent devinrent ses amantes. En 1899, Prince mourut... à la grande stupéfaction de ses fidèles qui le croyaient vraiment immortel : il avait quatre-vingt-dix-huit ans ! John Hugh Smyth-Pigott lui succéda. Prêtre anglican lui aussi, il se proclama « nouveau messie ». Après sa mort survenue en 1927 à l'âge de soixante-quinze ans, la communauté traversa des hauts et des bas mais réussit à se maintenir encore une trentaine d'années. Il semblerait toutefois qu'elle vienne de resurgir à Londres sous le nom de Fils de la résurrection. A dire vrai, les agapémonites ne pratiquaient pas l'amour libre mais obéissaient à un ensemble de croyances assez confuses et très difficiles à décrypter.

La Maison des poètes
Il s'agissait d'une communauté pratiquant l'amour libre et fondée par une Française, Léonore Labillière. Cette dame, convaincue que l'amour ne pouvait se développer qu'en l'absence de Messie ou de chefs charismatiques, pensait en outre qu'il constituait un moyen tout à fait licite de connaître le compagnon idéal au gré de diverses expériences. La Maison des poètes surgit dans une vieille ville des Pyrénées, sur le modèle des habitations antiques moyenâgeuses. Les adeptes féminines de cette secte avaient toutes, plus ou moins, connu des déceptions amoureuses ; les hommes étaient des artistes malchanceux et nécessiteux qui devaient faire la cour aux dames selon des rituels si longs et exaspérants que l'expérience ne tarda pas à tourner court.

Les perfectionnistes
Cette secte se développa en Amérique vers 1840 sous la houlette de John Humphrey Noyes. Ce dernier soutenait qu'au lendemain du christianisme, les hommes recevraient une seconde bénédiction qui les élèverait au-delà du péché et leur permettrait de jouir d'une liberté sexuelle ouverte à toutes les expériences. Leur communauté avait aboli l'institution du mariage et réparti tous les biens entre les fidèles. Noyes s'établit à Oneida, dans l'Etat de New York, où sa secte ne manqua pas de susciter curiosité et scandale parmi les habitants de la région. « Le nouveau commandement, écrivait Noyes, stipule que nous ne devons plus nous aimer par couple mais en masse. Dieu désire que nous nous aimions les uns les autres [...]. Cette faculté d'aimer ne s'épuise ni ne se satisfait par une seule liaison amoureuse. En revanche, elle fait qu'augmenter avec l'exercice et la pratique. »
Les perfectionnistes attirèrent à eux de nombreux disciples, mais les pressions de l'opinion publique, qui criait au scandale, firent surgir des divergences en leur sein. En 1880, cette confrérie abandonna son caractère mystico-religieux pour ne subsister qu'en tant que société commerciale.

G.B.C.
C'est C.F. Russel, un ex-disciple du mage Aleister Crowley qui fonda la G.B.C., Great Brotherhood of God (« grande confrérie de Dieu »), une secte qui puisait ses racines dans le magie sexuelle et s'inspirait en partie de l'O.T.O. de Crowley. Les membres de cette confrérie étaient recherchés au moyen d'annonces publiées dans les journaux d'occultisme puis nommés « primats du voisinage » au terme d'un stage assez court. Les enseignements étaient dispensés par correspondance mais, étant donné la nature délicate du sujet, on usait de la plus grande discrétion possible. Au cours des premiers mois, les adeptes étaient tenus dans l'ignorance des opérations de magie sexuelle pratiquées au sein de l'ordre qui n'étaient révélées que lorsqu'ils avaient effectué avec succès un cours pratique de magie.
Au cours du premier grade était enseignée une pratique appelée alfaïsme consistant en une chasteté complète de pensées, d'actions et de paroles. Le second grade était réservé au dianisme, c'est-à-dire aux rapports sexuels prolongés sans orgasme. Puis venait un grade identique au onzième grade de l'O.T.O. : le qadosh, c'est-à-dire le coït mené à son terme. Précisons que certaines pratiques de magie sexuelle étaient quasi identiques à celles adoptées par la fraternité d'Eulis. A ce qu'on en sait, le G.B.C. s'est dissous en 1938 ou a réduit en tout cas considérablement ses activités. Néanmoins, les idées de Russel suscitèrent en 1970 un regaint d'intérêt sous l'impulsion de Louis T. Culling et on assista à la naissance de nouvelles organisations se basant sur les écrits de Culling (dont un groupe dénommé Chorozon Club existe toujours à l'heure actuelle en Italie).

Sympneumata
Fondée à Haifa, en Palestine, par Laurence Oliphant et sa femme, cette secte avait pris pour modèle la communauté de la Confrérie de la nouvelle vie, groupe américain fondé en Virginie par le prédicateur anglais Thomas Lake Haris auquel appartenait Oliphant. Sympneumata signifie « union des éléments spirituels et terrestres ». Ses membres étaient convaincus que seul un état permanent d'exitation sexuelle pouvait permettre d'aboutir à l'élévation spirituelle. A cet effet, les adeptes devaient s'allonger complètement nus dans le même lit sans accomplir l'acte sexuel. Oliphant était un membre aisé du parlement anglais et correspondant de guerre du Times. Au lendemain de sa mort, la Sympneumata disparue définitivement.

New York Sacred Tantriks
Il s'agit d'un petit groupe américain s'inspirant directement de la magie sexuelle et qui prétend descendre du Sacred Order of Tantriks, secte fondée il y a environ soixante ans par un occultiste nommé Pierre Bernard. Ce dernier commença à professer publiquement la magie en 1909, au moment où il ouvrait à New York une école située au numéro 250 de la 87e avenue de l'Ouest : le New York Sanskrit College où on apprenait, paraît-il, le Hatha yoga. La femme de Bernard qui avait appris de son mari des danses orientales les développa en un « système salutaire tantrique » qu'elle enseigna par la suite dans une école située au coeur d'une vaste propriété à Nyack. Tout en s'inspirant du tantrisme de la main droite, les cultes pratiqués avaient un caractère purement sexuel. Accusé d'organiser des orgies, Bernard ne se risqua pas à porter plainte. Actuellement, le New York Sacred Tantriks opère toujours, tout à fait légalement cette fois.