Religion Monde
                                                                                                                                                                                                            Sectes & Religions

 

GROUPES GNOSTIQUES

Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :

 religieux
 premiers siècles ap. J.-C.
 Dieu (christianisme)
 imprécis

Par gnosticisme, on désigne couramment les sectes ayant fleuri durant l'ère Gréco-romaine, et plus particulièrement au deuxième et troisième siècles après Jésus-Christ. La doctrine commune à tous ces groupements est intimement liés à la «Gnose» (connaissance), corpus de traditions écrites (les évangiles gnostiques) ou orales transmises de bouche à oreille à de petits groupes d'initiés. Grâce à la découverte d'une bibliothèque gnostique à Nag-Hammadi et aux études - exemptes de préjugés - d'historiens de la pensée religieuse tels que R. Bultmann, A. Harnack, W. Bousset, etc., le gnosticisme a pu être présenté au monde occidental sous un jour nouveau, plus serein et affranchi de la condamnation des Pères de l'Eglise. Vouloir dresser un inventaire exhaustif des différents groupes gnostiques s'avère très problématique. Nous n'examinerons ici que les plus représentatifs.

Carpocratiens
Les carpocratiens, appellation dérivée de Carpocrate, ne croyaient pas à la divinité de Jésus. Ils étaient convaincus que l'individu était dans l'obligation morale de pécher, dans la mesure où le salut impliquait nécessairement un état de faute duquel se délivrer. Pour Carpocrate, leur fondateur, la luxure était inhérente à l'âme humaine et le véritable péché consistait par conséquent à ne pas s'abandonner aux plaisirs de la chair. Il enseignait que le péché constituait un moyen d'élévation et de salut et que l'âme ne pouvait avoir accès au royaume des cieux qu'à condition d'avoir commis tous les péchés possibles. Il semble qu'il est vécu en Egypte, à Alexandrie, au deuxième siècle après Jésus-Christ., mais il n'existe aucune certitude à cet égard. Irénée, un des Pères de l'Eglise, soutint que le succès de Basilide et Carpocrate ne fut dépassé que par les valentiniens et qu'ils fournirent le point de départ de toutes les sectes libertines. Les carpocratiens disparurent vers le quatrième siècle après Jésus-Christ.

Manichéens
Terme dérivé de Mani, prophète né en 216 (ou 217 ap. J.-C.) à Babylone. Eduqué dans un milieu fortement religieux, Mani reçu la visite d'un «jumeau céleste» qui lui révéla des secrets divins, l'enjoignant à se préparer à sa mission d'apôtre et à quitter les siens. Après un bref séjour en Inde, Mani revint sur sa terre natale et voyagea d'une région à l'autre pour prêcher son credo. Il fut emprisonné à plusieurs reprises et mourut le 14 janvier 276 (ou 277). Le manichéisme réussit à gagner toute l'Afrique du Nord, la Gaule, l'Espagne et l'Italie. Avant d'être adepte du christianisme, saint Augustin faisait partie de cette secte. Les chrétiens n'eurent de cesse de combattre le manichéisme mais eurent du mal à en venir à bout. Quelques communautés manichéennes survécurent çà et là jusqu'au quatorzième siècle et même bien au-delà du dix-huitième siècle en Chine.
La doctrine manichéenne enseigne que le monde est le théâtre d'une lutte entre deux principes opposés et irréductibles, lumière-obscurité, bien-mal, dualisme-monisme dans la mesure où le «Père de la Grandeur» est vu comme un être suprême dominant même le Monde de ténèbres. Prières, jeûnes fréquents et confessions régulières étaient des pratiques communes aux élus et aux auditeurs.

Bogomiles
Les bogomiles appartenaient à une secte chrétienne hérétique fondée au neuvième siècle av. J.-C. en Asie Mineure qui se propagea au dixième siècle ap. J.-C. en Bulgarie. Certains font dériver ce terme du mot bulgare bogu-mil, cher à Dieu ; d'autres le pensent plutôt issu du nom de leur fondateur, un certain Bogomil. La doctrine gnostique des bogomiles est dualiste et s'apparente aux croyances manichéennnes de la Perse. Dieu a créé le spirituel et l'éternel dans l'univers et le Diable le corporel et le temporel. Les bogomiles rejetaient l'Ancien Testament et une grande partie des sacrements, refusaient le sacerdoce, prônaient la pauvreté et prêchaient l'humilité et la pénitence. Leur doctrine se propagea en Serbie, en Bosnie, en Russie, en France, en Angleterre, en Italie et en Espagne et elle ne fut pas étrangère à la naissance du mouvement des cathares qui, d'une certaine manière s'en est inspiré. Des groupes de bogomiles subsistèrent jusqu'au quinzième siècle.