Religion Monde
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LA SAINTE VEHME

Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :

 politico-religieux
 env. 1260
 Dieu (christianisme des origines)
 quelques milliers

La Sainte Vheme (justice) se forma en Allemagne vers 1260 dans le but principal d'administrer la justice selon les modèles de la Bible. La secte, plus civile que religieuse, protégeait ses membres, presque tous originaires de la petite noblesse terrienne, des pillages et du brigandage alors très fréquents dans la plupart de l'Europe. La Sainte Vehme s'appuyait sur des canons qu'on connaît malheureusement très peu. La hiérarchie reposait sur trois grades : les Stuhlherren, les francs-comtes, qui assumaient la fonction de présidents de tribunaux ; les Freisheffen, assesseurs et jurés et les Frohnboten chargés d'appliquer les sentences et les sanctions.
En 1330, le nombre d'adhérents de cette secte, baptisés les Wissende, était estimé à cent mille rien qu'en Westphalie. Ce chiffre permet de comprendre aisément l'importance que ce mouvement revêtait à l'époque. La Sainte Vehme resta secrète plus d'un siècle durant et ses pratiques sont peu connues. Il ne fait quasiment aucun doute que son culte reposait sur la volonté active ainsi que sur la déification du souverain et de la justice. Le spécialiste français Serge Hutin précise que les accusés étaient sommés de comparaître trois fois. Ils disposaient à chaque fois de six semaines et trois jours pour répondre et pouvaient produire jusqu'à trente témoins à décharge. Par la suite, si le tribunal de la Sainte Vehme déclarait l'accusé coupable et lui infligeait la peine capitale, sa décision était rendue publique au moyen d'un panneau fixé sur l'arbre aux branches duquel le coupable avait été pendu. En 1371, l'empereur Charles IV reconnut légalement l'existence de la Sainte Vehme et procéda à son inscription dans le registre du code germanique. Le glas de la Sainte Vehme ne fut sonné qu'avec celui du code lui-même, à la fin du XVe siècle, ce qui n'empêcha pas la Sainte Vehme de continuer à agir encore un certain temps.