Religion Monde
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LES THUGS

Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :

 militaro-religieux
 incertaine, probablement au XVIIe siècle
 la déesse Kâli (hindouisme)
 indéfini

La secte des thugs, active en Inde au XVIIIe et XIXe siècles compte parmi les plus cruelles et les plus terrifiantes que l'on connaisse. Le terme thugs se traduit en effet par étrangleurs.
Il n'existe aucune certitude quant à leur origine. Soumis à un procès, certains d'entre eux soutinrent qu'ils descendaient en ligne directe d'une branche indienne de la secte des Assassins (cf. rubrique correspondante). La tradition rapporte que dans les temples, la déesse Kâlî aidait ses partisans à dévorer les victimes. Mais une fois, l'un des novices l'avait découverte en train de manger un cadavre et elle s'était refusée à aller jusqu'au bout de cet horrible repas. Elle avait alors fait don aux novices d'une de ses dents (pioche), l'une de ses côtes (couteau) et de l'ourlet de son sari qui devait faire office de lacet. Puis elle avait ordonné à ses disciples de découper en morceaux les futures victimes sacrificielles avant de les ensevelir. Les hindouistes avaient calculé que l'humanité était entrée dès 1256 dans une période de mort, une ère Kâlî. Or, au lieu de s'opposer à la destruction comme le faisaient d'autres sectes, les thugs quant à eux, cherchaient par tous les moyens à tuer le plus possible afin d'accélérer l'avènement de l'ère de la vie, censée succéder immédiatement à l'ère de Kâlî. Ils cherchaient à exécuter les volontés de la déesse en étranglant tous ceux qu'ils trouvaient sur leur passage, à l'exception des femmes et de quelques marchands. Les thugs avaient pour coutume d'agir en bande de cent ou deux cents hommes et de toujours se poster sur les chemins fréquentés par les voyageurs. Leur mode de strangulation était vraiment atroce : quelques-uns s'employaient à immobiliser les pieds et les mains des malheureuses victimes tandis qu'un autre serrait le lacet autour du cou. Au terme du sacrifice, le cadavre était mutilé afin d'en empêcher l'identification et d'accélérer le processus de décomposition. S'ensuivait un banquet rituel sur le lieu de l'exécution.
Les thugs étaient très bien organisés, ils s'étaient dotés d'une riche symbolique et d'un langage conventionnel secret. L'initiation était réservée aux fils des sectateurs qui, dès l'âge de dix ans, pouvaient accompagner la bande. Les temps forts de leur activité correspondaient au massacre de milliers et de milliers de personnes chaque année. L'un d'entre eux, traduit en justice, déclara qu'il avait « arrêté de compter une fois le millier atteint ». Ce qui frappe peut-être le plus chez les étrangleurs, c'est que la vie humaine leur était complètement indifférente alors qu'ils étaient partisans d'une morale très rigide à l'intérieur du cercle familial.
Durant l'occupation de l'Inde par les britanniques, le gouvernement réussit à combattre les thugs en s'aidant de quelques délateurs. Les membres de cette secte sanguinaire furent en règle générale condamnés à être pendus. C'est en 1872 que l'existence de cette secte fut citée pour la dernière fois. Un silence épais s'abattit dès lors sur elle.