Religion Monde
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QUIETISME

Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :

 religieux-réformiste
 XVIe siècle
 Dieu (christianisme)
 imprécis

Le terme de « quiétisme », du latin quies, repos, désigne une attitude complexe de l'esprit religieux chrétien qui s'est formée au cours des XVIe et XVIIe siècles à partir de l'apport d'expériences spirituelles diverses. Les origines de ce mouvement religieux remontent probablement à Miguel de Molinos, un religieux espagnol qui faisait partie des alombrados, une secte de Rose-Croix connue en France sous le nom de Guérinets, dont les membres se proclamaient illuminés. Deux femmes, la Flamande Antoinette Bourignon (1616-1680) et Jeanne-Marie Guyon (1648-1717) contribuèrent également à propager le quiétisme en Espagne, en France et en Italie.
Selon les quiétistes, l'individu ne doit absolument ni lutter contre l'ordre divin ni chercher à comprendre ; il doit au contraire prier sans cesse et se soumettre sans condition à la volonté de Dieu, parce qu'en dernière analyse, il n'est pas en mesure de faire des choix et de reconnaître le bien du mal.
Miguel de Molinos, auteur de la célèbre Guide spirituelle, livre qui suscita de violentes critiques au sein des jésuites, fut taxé d'hérésie par le Saint-Ofiice. Incarcéré, il abjura sa foi pour éviter d'être brûlé vif mais, condamné à la prison, il mourut au bout de dix années de réclusion. Jeanne-Marie Guyon connue le même sort : elle passa presque dix années de sa vie en prison et ne fut relaxée qu'en 1703. Son Autobiographie et le Sens mystique des Saintes Ecritures comptent parmi ses oeuvres les importantes. Poussant les doctrines quiétistes jusqu'à leur extrême limite, elle en arriva à écrire que « non seulement le chrétien ne doit pas se méfier des instincts qui l'animent mais que bien au contraire, il doit leur accorder toute son attention parce que cette voix qui s'élève dans toute sa passivité présente les caractères d'une vie véritable, c'est-à-dire éphémère et fugitive ». Avec de tels propos, le quiétisme ne pouvait échapper à la condamnation d'hérésie par les autorités religieuses. Les papes Innocent XI et Innocent XII combattirent les quiétistes avec une extrême rigueur et les dispersèrent rapidement.