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ROSE-CROIX

Nom :


Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :

 l'ordre rosicrucien le plus important fut la
 Societas rosicruciana in Anglia (Société rosicrucienne
 d'Angleterre)
 ésotérico-philosophique
 1865
 Dieu (à travers la magie, l'alchimie et l'éotérisme)
 imprécis

De nombreuses théories ont été émises - certaines plus ou moins plausibles, d'autres complètement fantaisistes - pour expliquer les origines et les enseignements de l'ordre de la Rose-Croix. Il n'en reste pas moins que la question est encore loin d'être élucidée et que nous ne disposons d'aucune certitude à ce sujet. Si nous traitons la Rose-Croix d'un point de vue rigoureusement historique, nous devons nécessairement remonter aux années 1614-1615, années de publication de la Fama fraternitatis et de la Confessio rosae crucis, deux documents rosicruciens. C'est justement dans ces ouvrages que l'existence d'un ordre hermétique fondé sur le symbolisme alchimique de la rose et de la croix est révélée.
La Fama est presque entièrement consacrée au récit de la vie de Christian Rosenkreuz, présenté comme le fondateur de la secte. Né en 1378, il fut dès l'âge de quatre ans confié à un monastère. Adolescent, il se joignit à un évêque partant en pèlerinage à Jérusalem. Après quelques péripéties, il fit halte dans une cité arabe où il apprit énormément sur les sciences exactes et découvrit des secrets ésotériques dans un mystérieux « Livre M » qu'il traduisit ensuite en latin.
De retour en Allemagne, il s'était mis sur-le-champ à écrire une oeuvre qui devait renfermer « tout ce qu'un homme peut désirer ou espérer » et c'est assisté de sept moines de son monastère qu'il accomplit ce dur labeur. C'est huit moines décidèrent alors de former la fraternité des Rose-Croix et de s'installer dans divers pays afin de divulguer leur savoir. Ils se proposaient de soigner gratuitement tous les malades, de n'adopter aucune tenue particulière mais de revêtir l'habit local, de se rencontrer tous les ans en la demeure du Saint-Esprit à un endroit fixé à l'avance, de nommer leurs successeurs avant de mourir, d'adopter comme emblème les initiales R.C. et de maintenir le secret un siècle durant.
A en croire la tradition, Rosenkreuz mourut en 1484, à l'âge de cent six ans et fut enterré en un lieu tenu secret qui ne fut retrouvé qu'en 1604. Son corps était intact et, dans sa tombe, on retrouva, outre quelques miroirs magiques, une copie du Livre M et un dictionnaire rédigé par le célèbre Paracelse. C'est en tout cas ce que relate la Fama fraternitatis et la Confessio fraternitatis dont les auteurs, tout en se disant luthériens, gardèrent l'anonymat. Ces livres connurent un grand succès et il en parut vite différente éditions. En 1616 furent publiées Les Noces chimiques de C. R., ouvrage d'alchimie et d'hermétisme écrit par J.V. Andreae, pasteur luthérien (1586-1654). Les quatre hypothèses sur la date exacte de la fondation de l'ordre sont, en l'état actuel des connaissances, toutes aussi plausibles les unes que les autres :
a) l'ordre existait déjà depuis des années et la Fama et la Confessio furent publiées dans l'intention d'accroître son influence ;
b) les auteurs de ces deux textes fondèrent l'ordre en 1614, au moment de la première publication ; ces ouvrages seraient donc tout simplement une allégorie de la secte ;
c) l'histoire relatée par la Fama et la Confessio annonce allégoriquement de redécouverte de la sagesse et le réveil de l'ordre en 1614 après un des cycles d'« activités de sommeil » qui revient tous les cent huit ans ;
d) tout cela n'est qu'une plaisanterie d'intellectuels ou le délire de quelque mystique extravagant.
On constatera qu'un loud mystère plane sur cette secte et qu'avec le temps, il ne fait que s'épaissir plus encore. Pour autant qu'on sache, cette fraternité ne dévoila plus rien d'elle, bien que de nombreux aspirants aient voulu s'y affilier. A la fin du XVIIe siècle, le philosophe et mathématicien W. G. Leibniz écrivait : « Je soupçonne fortement la confrérie des Rose-Croix de n'être qu'une invention. » Quoi qu'il en soit, des congrégations s'appropriant adroitement l'appellation Rose-Croix fleurirent çà et là ; des centaines d'opuscules et de publications prétendant divulguer les secrets de cette science mystique firent leur apparition. De nombreux hommes de lettres et philosophes de l'époque se déclarèrent ouvertement rosicruciens et entreprirent d'écrire sur des sujets liés à l'esprit, comme c'est le cas d'Irénée Agnostus, auteur de l'Epitimia fraternitatis rosae crucis (1619) et de Michael Maier qui élabora la Themis aurea (1618), où il expliquait que l'ordre était l'héritier d'importants secrets initiatiques. En Angleterre, Robert Fludd, spécialiste de Paracelse et grand alchimiste, écrivit que « tout théologue de l'Eglise mystique est un frère de la Rose-Croix ».
Parmi les différentes sectes rosicruciennes, citons la très active Militia Crucifera Evangelica fondée à Nuremberg par l'alchimiste Studion.
Au cours des siècles suivants, la situation s'embrouilla de plus belle. Dans la foulée d'Eliphas Levi, de Stanislas de Guaita en France, de Helena P. Blavatsky en Amérique dont la société théosophique se réclamait de l'esprit rosicrucien, on assista à toute une éclosion de mouvements se proclamant ordres rosicruciens. Mentionnons la Societas Rosicruciana in Anglia - fondée au cours de l'année 1865 en Angleterre par des francs-maçons -, sans aucun doute la plus représentative, l'ordre hermétique de la Golden Dawn dont nous parlerons plus tard et l'A.M.O.R.C., l'Ancien et Mystique Ordre Rosae Crucis fondé aux Etats-Unis en 1915, et, toujours aux Etats-Unis, les Rose-Croix de l'Oceanside.
Un goût pour l'alchimie - plus au niveau spirituel que matériel - semble être le dénominateur commun de toutes ces sociétés secrètes. D'ailleurs, toutes les sectes rattachées au mouvement rosicrucien croient en une réforme générale obtenue par l'union des thèmes masculins (le Pneuma, la Balance, le Libérateur et la Croix gémique) avec les thèmes féminins (la Substance primordiale, la Lumière intérieure et l'Energie créatrice). Le symbole de l'ordre de la Rose-Croix allie une rose rouge, symbole de l'amour divin à une croix noire, emblème de la douleur menant à la connaissance. Dans leurs recherches, les Rosicruciens recouraient à la cabale et à la numérologie ; ils professaient le luthéranisme et étaient hostiles au Pape.